« L’heure est à l’action », lance d’emblée Claudia Berger, directrice en développement durable chez Equans Services, rappelant que la fenêtre pour réduire les émissions nocives de toutes sortes se rétrécit de jour en jour alors que pour la première fois, le réchauffement climatique a dépassé 1,5 degré Celsius sur une année entière. « Demain, il sera déjà trop tard », dit-elle. Il faut agir maintenant, d’autant plus que les subventions sont là et qu’elles ajoutent une perspective financière intéressante à toute démarche de décarbonation. »
Son collègue Nicolas Lacroix, directeur de projets Énergie, ajoute : « Au Québec, nous sommes favorisés et bien positionnés avec les incitatifs financiers, le coût de l’énergie et les compétences disponibles pour réussir à mettre en place des mesures qui auront des impacts tangibles, substantiels et durables. »
Sobriété énergétique
« La décarbonation commence par la sobriété énergétique, c’est sur elle qu’il faut miser en premier pour atteindre les objectifs liés aux changements climatiques. Compter d’abord sur les mesures d’achat de crédit carbone ne s’inscrit pas dans une stratégie crédible », explique Claudia Berger.
Jean-Loup Santurette, directeur de l’innovation et stratégie digitale chez Equans Services poursuit : « Les mesures que nous proposons à nos clients sont hiérarchisées. Sobriété énergétique en premier lieu, c’est-à-dire la réduction à la source comme on le voit dans les matières résiduelles. Puis la réutilisation de la chaleur excédentaire d’un endroit vers un autre où il y a des besoins. Ensuite, le remplacement d’une source d’énergie par une autre à plus faible empreinte carbone. Cette dernière étape doit toutefois venir après les deux autres. Puis, à la toute fin, on peut recourir à la compensation. »
La technologie en support
Les experts d’Equans Services considèrent la technologie comme un support qui aide la décarbonation. Jean-Loup Santurette parle d’automatisation et d’installation de solutions de gestion intelligente de l’énergie et des données, ainsi que de modules d’apprentissage d’intelligence artificielle pour suivre les comportements du bâtiment et identifier les causes des pertes d’énergie. « Car le premier enjeu, c’est de comprendre son immeuble, avoir des données fiables et centralisées correctement pour produire des rapports adéquats et rendre compte de ce qu’on fait », dit-il.
Les outils technologiques et numériques ajoutent sans contredit de la valeur à plusieurs égards qu’énumère Jean-Loup Santurette. Ils permettent des gains économiques, car en régulant et en optimisant le bâtiment on réduit la consommation d’énergie, on évite des pénalités de non-conformité et on réduit son empreinte carbone. Ils permettent aussi d’améliorer le bien-être et le confort des occupants. Ils favorisent la transparence avec des rapports consistants qui prouvent que des actions sont entreprises et qu’elles donnent des résultats; ils démontrent l’exemplarité, même si le Net Zéro n’est pas encore atteint. Enfin, elles augmentent l’attractivité d’un bâtiment avec des certifications à jour qui rassurent les occupants quant au bon comportement environnemental de l’entreprise.
« Attention toutefois, l’intelligence artificielle est un merveilleux support mais il ne faut pas rêver en couleur et croire qu’elle peut remplacer l’expertise humaine et régler comme par magie tous les problèmes. Tous les rapports qu’elle génère doivent être analysés par des personnes qui connaissent le bâtiment afin d’identifier les meilleures actions à prendre, met en garde Nicolas Lacroix. Ce n’est pas nécessairement l’outil qui est intelligent, c’est l’usage qu’on en fait. Les outils numériques supportent la décision, qui elle, est prise par un humain en se basant sur les données traitées et les meilleurs indicateurs. »
Démarche optimisée et intégrée
« La qualité et l’atteinte des résultats est meilleure lorsqu’on s’assure que la conception et la construction d’un système de décarbonation ainsi que sa mise en place et son optimisation sont bien intégrées et gérées au sein d’une même autorité », affirme Nicolas Lacroix, donnant pour exemple l’installation récente d’un équipement de décarbonation chez un client. « Nous avons fait la planification avec l’aide de Claudia. Par la suite, nous sommes occupés de la conception de la chaudière, puis nous avons géré et supervisé la construction. Nous sommes maintenant en train de faire la mise en service et le démarrage de l’équipement. Notre équipe se chargera de la maintenance dans la foulée. En résumé, nous avons accompagné notre client dans et depuis sa prise de décision stratégique en amont. C’est la philosophie d’intervention et de soutien que nous préconisons. »
Claudia Berger conclut : « C’est important d’avoir un bilan de sa consommation d’énergie en premier, ensuite, de planifier les différentes actions puis de les réaliser et d’en faire le suivi. Notre offre Carbon Shift intègre l’ensemble de ces étapes dans une approche structurée. Nos clients ont tous des niveaux de maturité différents en matière d’énergie, certains ont déjà identifié des projets, d’autres pas du tout. Nous voulons les accompagner à toutes les phases de cette démarche que nous voyons comme itérative en ce sens que nous sommes toujours en phase de planifier et de réaliser des actions afin de soutenir les entreprises clientes jusqu’à ce qu’elles atteignent leurs objectifs. »